Blaise Cayol est “Celui qui Tresse”. C’est le terme qui le qualifie le mieux donnant un sens à la fois plus précis et plus général à son activité, à savoir qu’il lie, assemble et tresse des éléments les uns avec les autres (osiers de différentes variétés, bois de châtaignier, de cade, de bouleau, cougourdons...). De plus son activité se situe aux confins de plusieurs applications qui font aussi le lien entre l’artisanat, les arts premiers, l’architecture, le paysage, le design et l’art contemporain.


Après des études d’arts graphiques et d’histoire de l’art il a travaillé 6 ans dans ce secteur : imprimerie, agence de création publicitaire, édition... Puis vint l’envie de se rapprocher de la terre, tout en continuant la conception et la fabrication d’un type de “produit”. La Fragrance du saule (salix) a envahi l’artiste alors qu’il était adolescent pendant d’un long séjour en terre indienne chez les Apaches d’Arizona. Cette réminiscence sera déterminante dans le choix de travailler ce matériaux. Mais quoi faire ? Une partie de sa famille, bergers, vanniers et cueilleurs, située dans les Alpes le motivent pour prendre des cours de vannerie. Ainsi, pendant trois ans, Blaise Cayol tresse tous les jours paniers et corbeilles en s’inspirant des formes traditionnelles provençales, alpines et cévenoles.


Mais le fabricant de paniers ne veut pas se contenter de cette approche artisanale du tressage. Il veut convaincre les architectes, les scénographes, les décorateurs, les jardiniers et les paysagistes de travailler en collaboration. C’est à partir de ce moment la que le travail de Celui qui Tresse prend réellement de l’ampleur et une application à multiples facettes. De ces collaborations avec d’autres savoir-faire et d’autres compétences naissent des jardins tressés d’inspiration médiévale ou résolument contemporains, des sculptures, des installations et des oeuvres in situ. Le But étant de trouver une manière de mettre en valeur la technique tressée, la matière tressée dans un nouveau contexte pour en dégager la quintescense, d’en révéler les structures, les rythmes, les effets et les reliefs graphiques afin de provoquer une émotion. En ce sens, il est proche de la démarche de son père Pierre Cayol, artiste peintre à Tavel.


Dans la démarche de Celui qui Tresse, ils est important de s’adapter au site où on lui demande d’intervenir. Créer une oeuvre unique suffisamment chargée de force et de sens pour que l’oeuvre puisse exister en elle même afin de pouvoir établir un dialogue, une histoire avec le lieu d’accueil. Recherches historiques, études sociale du lieu, élaboration de projet enrichi d’une sémantique appropriée. Il est indispensable pour lui d’associer ces notions en amont de son travail de fabrication afin que le tressage, savoir faire le plus ancien de l’humanité, fasse à tous les sens du terme LE LIEN.

Il en devient un artefact témoin d’une expression contemporaine.